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Notre étude de la nouthésia repose sur la Parole de Dieu et s’inspire de la pédagogie divine, lui donnant raison sur les méthodes du monde quand celles-ci ne se concilient pas avec le modèle divin.
Dans mon expérience, un accompagnement qui donne la place centrale à Christ est le plus efficace. La psychiatrie apporte beaucoup d’explications sur le fonctionnement humain et propose des soulagements; l’évangile offre à nos dysfonctionnements de vraies solutions.
Le ministère de réconciliation doit être présent et agissant dans la vie de celui ou celle qui aura charge dans le travail d'écoute, car la réconciliation entre l'homme et Dieu et entre frères est un axe principal du travail de soin d'âme. Le caractère de l'écoutant doit être imprégné de la douceur, de la grâce, mais aussi de la justice et de la sainteté de Christ. La grâce et la vérité qui sont venues en Jésus-Christ doivent être présentes dans ce ministère d'entraide.
II Corinthiens 5 : 19 et 20: " Oui, c’est Dieu qui a réconcilié le monde avec lui, par le Christ. Il ne tient plus compte des fautes des êtres humains et il nous charge d’annoncer cette parole de réconciliation. C’est donc de la part du Christ que nous prenons la parole. En réalité, par nous, c’est Dieu lui–même qui vous lance un appel : au nom du Christ, acceptez d’être réconciliés avec Dieu. Cela, nous vous le demandons avec force."
L'accompagnant, face au péché, ne doit jamais douter du pardon de Dieu pour le pécheur. Gaston Ramseyer disait :
"Exercer le ministère de la cure d'âme, c'est d'abord annoncer le pardon des péchés et la libération du passé. Mais c'est aussi encourager, bénir, consoler, édifier …"
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L'encouragement et l'accompagnement des personnes en difficulté nécessitent la compassion, la grâce et l'amour avec un réel désintéressement personnel. Vouloir servir dans ce domaine, c'est accepter de nous trouver au milieu de conflits, de situations de souffrances humaines. C'est servir dans l'acceptation de l'autre avec la conviction que Dieu peut changer la situation la plus dramatique en oasis de paix et de vie bienheureuse. Il est donc nécessaire d'être lucide et de ressentir cette vocation en dehors de tout élan émotionnel.
Bien des dégâts sont faits parce que des gens croient être investis d'un pouvoir sur l'âme des autres. Malheureusement, le "suivi" ou la "relation d'aide" peuvent se transformer parfois en prise de contrôle et en domination de celui ou celle qui est fragilisé par sa souffrance. La véritable relation d'aide doit amener la personne aidée à l'autonomie et l'indépendance par rapport à celui ou celle qui aide.
Nous sommes appelés à servir les autres, et non à les dominer. Nous devons accepter qu'ils nous quittent lorsqu'ils n'ont plus besoin de nous, voir même nous devons les aider à vivre une séparation par rapport à la relation "écoutant – écouté". Cette attitude nous préservera de part et d'autre d'une relation de co-dépendance ou de redevabilité. Les personnes que nous servons ne nous doivent rien, et ne nous seront jamais redevables en quoi que ce soit pour l'aide apportée.
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Cette double aspiration : Aimer et être aimer, est inhérente à la nature humaine. La souffrance a tordu notre compréhension et notre approche de l'amour de soi et du même coup de l'amour des autres. Nous avons besoin de réapprendre l'amour véritable.
Dieu est Amour ! Il est donc le mieux placé pour nous enseigner et nous conduire sur cette route. Nous pouvons aller avec confiance puisqu'il nous aime de façon inconditionnelle.
Pas évident, n'est-ce pas ? Rappelez-vous que Jésus a dit " Tu aimeras ton prochain comme toi-même !" C'est un ordre, mais aussi un constat : comment pourrait-on aimer autrui si l'on ne s'aime pas soi-même ? Parce que s'aimer soi-même est déjà un défi parfois insurmontable, nous avons besoin d'apprendre à nous laisser aimer de Dieu. Alors nous pourrons commencer à remporter des victoires pour nous-mêmes et pour nos relations avec les autres. Même Dieu, nous ne pouvons pas l'aimer si nous ne nous laissons pas aimer de lui d'abord.
Celles et ceux qui disent "je n'ai pas besoin qu'on m'aime" se leurrent. En fait, l'amour qu'ils donnent est une projection dont ils se nourrissent de ce qui tombe à terre. Ils pratiquent des actes d'amour pour se sentir aimés.
Lucien a grandi dans une famille où l'on n'exprimait jamais de compliments ni d'encouragements. A l'âge de six ans, il fut placé en famille d'accueil car sa mère était incapable de l'assumer. Lucien a compris que pour se faire aimé des personnes qui l'entouraient il devait être gentil, serviable, étant toujours prêt à rendre service aux autres. Devenu adulte, il a continué a "acheter" la sympathie des autres. Il a fonctionné comme cela avec son épouse et ses enfants. Mais il est devenu incapable de recevoir des paroles ou des gestes d'affection "gratuits".
Lorsque je l'ai reçu la première fois, il était en grand désarroi car sa femme lui reprochait de ne pas l'aimer. Il me fit la liste de tout ce qu'il avait fait et faisait pour elle.
- " Et quand vous rentrez du travail, que faîtes-vous ?" lui demandais-je ?
- " Eh bien, je regarde que tout aille bien à la maison, puis je vais bricoler, ou je vais aider les voisins. Vous savez, dès que j'arrive, il y en a toujours un qui me demande un service. Je suis content car ils me disent que je suis serviable et ils m'apprécient."
- " Votre femme, vos enfants, ils vous apprécient aussi. Ils vous apprécient quand vous ne faites rien d'autre que de vous asseoir avec eux et que vous vous intéressez à leur personne."
- " Je sais, ma femme me dit souvent qu'elle m'aime pour moi même. Mais j'ai du mal à croire qu'on m'aime comme cela."
Lucien a accepté de suivre le programme ESPERE (programme d'écoute et de suivi personnalisé). Aujourd'hui, il reste un homme serviable et attentionné aux autres, mais il n'a plus besoin "d'acheter" l'amour des autres. Beaucoup, dont j'étais, sont comme Lucien.
Peut-être vous reconnaissez-vous vous même en lui. Le test est simple : Etes-vous capable de recevoir l'amour d'autrui sans vous sentir "redevables" et vous dire "qu'est-ce que je pourrais faire pour lui rendre et que l'on soit quitte ? Etes-vous capable d'aimer l'autre simplement parce qu'il en a besoin et sans attendre un "retour" ?
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Pour davantage d'informations, contactez :
Jean-Louis JABIN
contact@espere.eu